Homélie du patriarche de Moscou Cyrille à Ekaterinbourg
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Homélie du patriarche de Moscou Cyrille à Ekaterinbourg
Homélie du patriarche de Moscou Cyrille à Ekaterinbourg

Au cours de la liturgie célébrée à Ekaterinbourg à l’occasion du centième anniversaire de l’assassinat de la famille impériale russe, le patriarche de Moscou Cyrille a prononcé l’homélie suivante :
« Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.
Votre Béatitude Mgr Onuphre, métropolite de Kiev et de toute l’Ukraine, confrères archipasteurs, chers frères et sœurs qui en grand nombre êtes réunis en cette nuit devant le lieu où, il y a cent ans, a été accompli un crime terrible : des gens coupables en rien, qui ont dédié leur vie au service de la Patrie, ont été assassinés par une volonté humaine mauvaise. Ce crime ravive jusqu’à maintenant notre conscience, il nous force à faire revenir nos pensées sur ce qui s’est produit avec notre pays et notre peuple et, en même temps, à nous efforcer de le comprendre. D’où est provenu ce trouble de l’esprit, ce malheur ? En regardant avec un recul de cent ans, malgré tous nos désirs, nous ne pouvons voir toutes les nuances de la vie nationale de notre peuple, qui sont effacées de la mémoire et échappent même aux regards les plus pénétrants. Mais de tels crimes, comme ceux qui ont été commis ici, ne peuvent être fortuits. Derrière ce crime se trouvait quelque chose, derrière lui il y a une sorte de faute collective du peuple entier, une sorte de tournant dans la vie historique de la sainte Russie, qui a précipité le peuple dans une impasse grave, terrible. Que s’est-il donc passé avec notre peuple ? Tout le pays était couvert d’églises et de monastères, la majorité absolue des gens étaient baptisés, les églises étaient pleines. Pourquoi cela s’est-il produit ? Pourquoi les assasins ont-ils pressé sur la gachette, sans frémir pour ce qu’ils faisaient ? Cela veut dire que tout n’était pas en ordre. Cela veut dire que la lumière solaire qui se reflétait sur les coupoles dorées n’était pas toujours réfractée dans les cœurs des hommes, en renforçant en eux la foi dans le Seigneur. Et nous savons qu’au cours d’au moins 200 ans précédant la tragédie de la maison Ipatiev, certains changements se produisirent dans la conscience des gens qui, lentement, mais sûrement, amenèrent beaucoup à l’apostasie, l’oubli des commandements, la perte d’un lien spirituel réel avec l’Église et la tradition spirituelle séculaire. Pourquoi cela s’est-il produit avec notre peuple ? Pourquoi, à un certain moment, il a imité un train, dont le conducteur n’a pas tenu compte de la vitesse et s’est engagé dans un virage serré, se précipitant dans une catastrophe inévitable ? Quand sommes-nous, comme peuple, entrés dans ce virage ? Nous y sommes entrés lorsque des pensées autres, des idéaux autres, une perception du monde autre, formés sous l’influence de théories philosophiques et politiques n’ayant rien en commun avec le christianisme, pas plus qu’avec notre tradition et notre culture nationale, ont commencé a être adoptées par l’intelligentsia, l’aristocratie, et même une partie du clergé et ce comme une pensée avancée, laquelle, si on la suivait, pourrait changer, en l’améliorant, la vie du peuple. Effectivement, l’idée de changer en mieux la vie du peuple surgit chaque fois lorsqu’apparaît le plan de changer radicalement le cours de l’histoire. Nous savons que les renversements les plus terribles et les plus sanglants se sont toujours produits en vue de l’aspiration des gens à une vie meilleure. Les meneurs de ces renversements inspiraient aux gens qu’il n’y avait pas de possibilité meilleure pour changer en mieux la vie que par le sang, la mort et la destruction de la structure existante. Et à un certain moment, renonçant à sa primogéniture spirituelle, ayant perdu le lien réel avec l’Église et avec Dieu, l’intelligentsia, l’aristocratie et même, comme je l’ai déjà dit, une partie du clergé ont eu l’esprit assombri, infecté par la pensée de la nécessité de changer radicalement le cours de l’histoire nationale et s’efforçant, le plus vite possible, de bâtir un monde où régnerait l’équité, où serait absente la stratification de la société en fonction de la possession des biens, où les gens vivraient paisiblement et dans le bonheur. Il en a résulté que beaucoup, saisis par cette idée, en sont arrivés jusqu’à commettre des crimes. La question surgit : « Peut-on, en général, par le crime, par le sang, par la violence, la destruction des lieux saints, construire une vie heureuse ? » L’histoire le témoigne clairement : c’est impossible ! Et probablement, la première et plus importante leçon que nous devons tirer de la tragédie qui s’est produite il y a un siècle, est qu’aucune promesse de vie heureuse, aucun espoir dans une aide extérieure, de la part de personnes soi-disant plus instruites et avancées ne doivent tenter notre peuple. Nous devons comprendre la tragédie du passé. Nous devons développer notre immunité à tout appel d’atteindre le bonheur humain par la destruction de ce qui existe. Il est douteux qu’un seul de ceux qui avaient appelé à détruire la vie du peuple, ait détruit sa propre vie et renoncé à son propre bien-être. Mais avec quelle fureur ne proposait-on pas de le faire au peuple entier ! Or, les gens ont adopté ce mensonge et le sommet de l’apostasie de tout ce qui était sacré et cher qu’ils possédaient a été la terrible exécution de la famille impériale, des gens innocents, qui n’avaient nullement transgressé la loi. Oui, de quelle loi pouvait-il être question si, pour construire la vie heureuse, il fallait assassiner le tsar et toute sa famille ? Nous savons qu’il n’est rien sorti de tout cela, et, enseignés par cette amère expérience, nous devons former en nous une aversion ferme à toute idée, à tout dirigeant, qui proposerait, par la démolition de notre vie nationale, de nos traditions et de notre foi, à aspirer à quelque « avenir radieux » incertain. Aujourd’hui, rassemblés ici dans une telle multitude, nous avons commémoré la tragédie de la maison Ipatiev. Nous avons élevé des prières au Seigneur, nous avons prié l’empereur Nicolas martyr et ceux qui ont souffert avec lui, afin que dans les cieux, ils prient pour notre Patrie terrestre, pour notre peuple, afin que se renforce la foi orthodoxe dans chacune des générations futures des Russes, pour que la fidélité à Dieu, l’amour de la patrie accompagnent notre jeunesse et ceux qui viendront la remplacer, et pour que jamais de telles tragédies ne se reproduisent sur notre terre. Que le Seigneur garde notre terre russe, le peuple russe, qui vit aujourd’hui dans différents États aux noms différents, le peuple lui-même porte des noms différents, mais il s’agit du même peuple qui est sorti des fonts baptismaux de Kiev, et qui, passant par les circonstances historiques des plus lourdes, a gardé jusqu’à présent la foi orthodoxe. Et que demeure la bénédiction de Dieu sur notre patrie et sur notre Église orthodoxe russe martyre. Par les prières des nouveaux martyrs et des confesseurs de l’Église russe, que la vie du peuple se transforme, non par des bouleversements et l’effusion de sang, mais sur le ferme fondement de la foi et de l’espérance que Dieu est avec nous ! Que le Seigneur vous garde tous, par les prières des saints martyrs impériaux et de tous les nouveaux martyrs ! Amen ».

Sources (Patriarcat de Moscou) : texte ; photographie

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